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Français et Suisses réfléchissent à «comment être plus forts ensemble», LE TEMPS

Des élus d’Auvergne-Rhône-Alpes et de Genève-Vaud ont débattu à Lyon autour d’un espace commun leader au niveau mondial.

Laurent Wauquiez, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui a le sens de la formule, a résumé ainsi les échanges franco-suisses de ce lundi à Lyon: «Les frontaliers représentent le premier étage de notre fusée, il s’agit maintenant de lancer le deuxième en rapprochant nos régions, un territoire qui va de Vaud à l’Auvergne.» L’Hôtel de Région, posé dans le nouveau quartier Confluence, a été le cadre de la première rencontre Auvergne-Rhône-Alpes-Arc lémanique autour de l’économie et de l’innovation. L’amphithéâtre, copieusement garni, a rassemblé des universitaires, chercheurs, entrepreneurs et élus.

En exergue, l’autre titre – un espace économique commun leader au niveau mondial – annonçait la couleur: «Ensemble, nous sommes plus forts.» Et c’est ce que les orateurs ont martelé toute la matinée. Laurent Wauquiez n’en démord pas: «On pèse peu chacun de notre côté mais ensemble beaucoup. Prenez la bio-santé: vous réunissez Grenoble, Lyon et Genève et vous avez là un nouveau leader mondial devant Boston. L’aéronautique, en additionnant nos compétences genevoises et lyonnaises, déboucherait sur un pôle supérieur à celui de Toulouse. Nos grandes écoles et toutes nos start-up peuvent faire de nous un géant au poids supérieur à celui de la Californie.»

Moins emphatique, François Longchamp a évoqué une nécessité d’ouverture dans un monde globalisé. Le président du Conseil d’Etat genevois a rappelé que les années 1990 avaient été marquées par une crise majeure en Suisse, avec un déclin économique et une chute de la démographie. «L’ouverture et les accords bilatéraux avec l’Union européenne ont changé les choses», a-t-il indiqué. Il s’est livré à l’addition suivante: «Auvergne-Rhone-Alpes, c’est un PIB qui pèse 260 milliards d’euros, Vaud et Genève 100 milliards de francs, il n’y a au monde que 30 pays plus puissants et 150 en dessous.»

Genève et Lyon, deux villes qui se tournent le dos

Beaux énoncés qui flattent les uns et les autres. Reste cependant à concrétiser sur le terrain ces belles intentions. La chose n’est pas des plus aisées. Lyon et Genève donnent davantage l’impression de se tourner le dos que de s’asseoir à la même table. Il suffit de se rendre à l’une des nombreuses réunions de la Chambre de commerce franco-suisse pour observer que les Helvètes ne s’y pressent pas.

https://www.letemps.ch/suisse/2018/01/15/francais-suisses-reflechissent-plus-forts-ensemble

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